Découvrez pourquoi les voyageurs font appel à des conseillers, quel type d’assistance ils recherchent, ce qui les rend fidèles et ce qui revêt le plus d’importance pour eux.
Contenu de cet épisode
Les voyages récompensent ceux qui restent curieux et s’immergent dans la culture locale. Pour Phil Keoghan, animateur de longue date de l’émission « The Amazing Race », manquer ces occasions, c’est manquer tout l’intérêt du voyage.
Dans cet épisode, il rejoint Elisabeth pour une conversation inspirée des leçons qu’il a tirées de sa vie de voyages. Il évoque ses premiers souvenirs à l’étranger et la manière dont cette exposition à diverses cultures a façonné sa vision du monde. Phil estime que la curiosité est le plus grand cadeau qu’il ait reçu de ses parents, un cadeau qui continue d’alimenter son approche de la vie.
Il nous fait part d’anecdotes personnelles vécues sur la route, ainsi que de ses réflexions sur l’animation de plus de 37 saisons d’émission télévisée. Qu’il s’agisse d’inciter les téléspectateurs à explorer le monde ou de montrer le meilleur de l’humanité à l’écran, il explique comment la série a encouragé des millions de personnes à sortir de leur zone de confort. Enfin, Phil parle de la magie qui existe au-delà des voyages en groupe et explique pourquoi les moments où les choses « tournent mal » deviennent souvent les souvenirs les plus significatifs.
Consultez l’intégralité de l’interview pour savoir comment créer des moments de voyage authentiques et non scénarisés que personne n’oubliera.
« Si vous recherchez une vraie différence lors de vos voyages, et si vous voulez quelque chose d’authentique, vous devez fournir un peu d’effort. »
Transcription
[00:00:45] Elisabeth Goodridge Vous avez animé The Amazing Race pendant 37 saisons, bientôt 38. Mais vous voyagez depuis votre enfance. En fait, je pense que vous avez vécu dans le monde entier avant même d’avoir 10 ans. Pouvez-vous me parler de vos voyages dans le monde lorsque vous étiez enfant ?
[00:00:59] Phil Keoghan Mes parents ont grandi dans une très petite ville de Nouvelle-Zélande. L’île du Sud, sur la côte ouest, est un endroit assez isolé. Après que mon père a obtenu son doctorat en agronomie, c’est-à-dire en sciences de l’agriculture, on lui a proposé d’aller au Canada. Il a trouvé qu’il s’agissait d’une excellente opportunité. Ma sœur et moi avions deux et trois ans. Nous avons vécu à Guelph, au Canada, pendant plusieurs années. Pendant que nous étions là-bas, mes parents voulaient absolument exploré l’Amérique. Nous avons donc fait beaucoup de voyages dans une camionnette Volkswagen. Une Volkswagen équipée d’un système Westfalia, avec un toit relevable. Ils ont pris une année sabbatique à un moment donné. Pendant neuf semaines, nous avons parcouru l’Amérique du Nord. L’objectif de mon père était de visiter tous les parcs nationaux d’Amérique du Nord. Nous avons donc visité le Grand Canyon, Yellowstone et une grande partie de Yosemite, ainsi que tous les petits parcs intermédiaires. Ma sœur et moi sommes tombés amoureux de l’aventure et des voyages. Et nous attendions ces aventures avec impatience. Je me souviens d’une fois où un ours est venu nous déranger au milieu de la nuit.
[00:02:05] Elisabeth Goodridge Oh mon Dieu. Ce devait être super exaltant pour vous.
[00:02:06] Phil Keoghan Oh, c’est tellement excitant quand on est enfant. Ma mère et mon père ont dû baisser le toit pour que nous soyons à l’intérieur du véhicule. Ils nous ont vraiment inculqué le sens de l’exploration. Grâce à eux, nous avons pu voir comment mes parents interagissaient avec les gens et comment ils établissaient le contact avec eux. Et je pense que c’est de là qu’est né mon goût pour le contact avec les gens. Mon père et ma mère ont reçu une offre pour aller dans les Caraïbes, sur une île appelée Antigua. J’ai adoré grandir à Antigua. J’étais dans l’eau presque tous les jours. J’ai appris à faire de la plongée en apnée et à attraper les poissons. Pendant que nous étions là-bas, mes parents ont beaucoup voyagé dans les autres îles : Sainte-Lucie, la Barbade, Saint-Christophe-et-Niévès, Anguilla, Trinité-et-Tobago, la Jamaïque. Mon père a fait un court séjour en Colombie. Nous avons vécu à Cali pendant un certain temps. Tous ces voyages m’ont donné de plus en plus envie de voyager.
[00:03:08] Elisabeth Goodridge Comment avez-vous fait pour vous sentir à l’aise dans toutes ces cultures différentes ?
[00:03:12] Phil Keoghan Mes parents avaient une telle facilité avec les gens. Il y avait toutes sortes de personnes qui venaient nous rendre visite chez nous. J’ai pu constater à quel point ils étaient à l’aise pour communiquer avec n’importe qui, dans n’importe quelle situation. Un jour, mon père s’est entretenu avec le Premier ministre. Ma mère faisait jouer des étudiants en musique qui étaient rastafariens dans un groupe de reggae. Et cela a évidemment déteint sur ma sœur et moi. Je pense que s’il y a une chose essentielle que nous avons reçue de nos parents, c’est la curiosité, le fait d’être curieux, de poser des questions.
[00:03:49] Elisabeth Goodridge De plus, c’est très agréable de rencontrer de nouvelles personnes et d’apprendre à les connaître.
[00:03:53] Phil Keoghan Pour moi, la curiosité est ce qu’il y a de mieux, et c’est ce qu’il y a de plus intéressant dans les voyages, dans l’émission The Amazing Race, dans le fait de parcourir le monde. Je demande toujours à ceux avec qui je travaille : « Où buvez-vous votre café ? À quel café allez-vous ? » Je ne veux pas prendre de café à l’hôtel. Je veux aller là où les locaux prennent le café. Où allez-vous déjeuner ? Allons-y. Je me souviens d’une expérience irréelle que j’ai vécue une fois. Lorsque nous étions en Égypte, nous avons fait une pause ravitaillement au pied du Sphinx. Les équipes sont arrivées en courant, et les gars qui s’occupaient de la grue nous ont dit qu’ils allaient commander à manger. « Vous voulez quelque chose ? » Je pensais qu’ils allaient commander de la nourriture égyptienne.
[00:04:33] Elisabeth Goodridge Évidemment.
[00:04:33] Phil Keoghan Et finalement, c’est une livraison de Domino’s qui arrive. Nous mangeons une pizza Domino’s au pied du Sphinx, à l’ombre des pyramides. Et je me suis dit, ok, ne dis rien. C’est l’un de ces moments, je suppose, où l’on prend sur soi et on s’en va. Je ne m’y attendais vraiment pas.
[00:04:52] Elisabeth Goodridge Je m’imagine la scène avec la boîte aux couleurs vives. Avec cette illustration, incroyable.
[00:04:57] Phil Keoghan Oui.
[00:04:58] Elisabeth Goodridge Une merveille créée par l’homme.
[00:04:58] Phil Keoghan Mais ces choses folles arrivent. Je me souviens d’une fois où nous avons dormi dans une cabane dans les arbres, à pres de 30 mètres du sol, au Costa Rica. Pourtant, le lendemain matin, je sens l’odeur du café frais. Et là, j’entends ce type qui pousse un hurlement à travers les arbres en arrivant sur un câble avec du café frais du Costa Rica. Il nous l’a apporté. C’est la première chose que j’ai vécue en me réveillant. C’était époustouflant. C’était merveilleux.
[00:05:29] Elisabeth Goodridge En fait, je retenais mon souffle parce que cette histoire était tellement vivante, ce que vous venez de décrire. Et aussi, j’adore le café. Et l’idée d’être au Costa Rica, d’avoir ce produit fraîchement cultivé et fraîchement moulu.
[00:05:40] Phil Keoghan Exactement.
[00:05:41] Elisabeth Goodridge Waouh.
[00:05:41] Phil Keoghan Oui, et c’est à ce moment-là que vous réalisez pourquoi il est si important de sortir de votre environnement habituel.
[00:05:50] Elisabeth Goodridge Ça vous transforme.
[00:05:51] Phil Keoghan Effectivement. C’était beaucoup plus conforme au cadre que les pizzas Domino’s en Égypte, n’est-ce pas ? C’est ce à quoi on s’attend au Costa Rica. Je dis toujours aux gens que, lorsque l’on voyage, il faut imaginer que c’est comme si on entrait dans la maison de quelqu’un d’autre. Il faut être très respectueux des habitudes des autres. Si vous acceptez la différence, si vous allez dans un endroit où l’on estime que vous devez avoir les épaules couvertes, couvrez-vous les épaules. Quel est le problème ?
[00:06:18] Elisabeth Goodridge Et puis, poser des questions sur les raisons de cette tradition.
[00:06:21] Phil Keoghan Oui.
[00:06:21] Elisabeth Goodridge Parce qu’ils comprendront alors que vous accordez de l’importance à ce qui se passe dans leur monde.
[00:06:25] Phil Keoghan Exact. Surtout en ce moment, dans le monde d’aujourd’hui. J’ai l’impression que plus nous réussissons à établir de liens, plus nous arriverons à accepter les différences. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord sur tout. Mais au moins, reconnaître qu’il est possible d’avoir des opinions différentes, sans que cela signifie que nous ne pouvons pas avoir une conversation civile sur ces points de divergence. Vous pouvez vénérer quelqu’un de différent ou voter pour quelqu’un de différent, mais en fin de compte, il y a certaines choses que nous avons en commun. Il y a certaines façons de se lier aux autres sans nécessairement être d’accord sur tout. Et c’est très bien ainsi. J’ai donc l’impression que, surtout en ce moment, le fait d’établir des liens nous permet de mieux accepter la différence chez nous.
[00:07:11] Elisabeth Goodridge Il faut avoir l’état d’esprit de se dire, je vais peut-être aller dans un endroit différent qui ne m’est pas familier, mais je vais trouver une ou deux choses au moins pour me lier avec qui que ce soit et partir de là.
[00:07:22] Phil Keoghan Oui. Et c’est l’une des choses importantes que nous faisons dans The Amazing Race, qui est unique. Car la plupart du temps, les gens qui ne voyagent pas voient le reste du monde dans les actualités. Et les actualités cherchent à faire de l’audience avec la violence. Ainsi, la plupart du temps, les personnes qui ne voyagent pas voient le reste du monde lorsque les choses vont mal. Pendant des émeutes. Lors d’une grosse tempête. Pendant les pics de pollution. Pendant les protestations. Il y a toujours des violences qui vont faire la une de l’actualité. Les gens se disent alors qu’ils n’ont pas envie d’aller là-bas parce qu’ils voient ce qui s’y passe. Si le reste du monde ne voyait que les choses négatives qui se passaient aux États-Unis, il penserait la même chose des États-Unis. Mais nous savons qu’il y a beaucoup de bonnes choses aux États-Unis.
[00:08:11] Elisabeth Goodridge Oh, beaucoup de bonnes choses.
[00:08:12] Phil Keoghan Dans The Amazing Race, au lieu de nous concentrer sur ce qui ne va pas, nous nous concentrons sur ce qui va bien. Nous nous concentrons sur ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité. Nous faisons un gros plan sur les meilleurs endroits au monde et sur les raisons qui justifient d’y aller, les raisons de quitter le confort de sa maison et de voyager. Et les gens sont souvent surpris. Dans leur tête, ils pensent qu’il est dangereux d’aller dans ces différents endroits. Puis je leur rappelle que les États-Unis ne sont pas l’endroit le plus sûr du monde. D’autres pays sont plus sûrs sur le papier, et pourtant les États-Unis sont un pays relativement sûr. Alors, oui, j’ai l’impression que nous avons encouragé beaucoup de gens à voyager. Laissez-moi vous montrer ceci. « J’ai pris l’avion hier. »
[00:09:01] Elisabeth Goodridge Ok, pour ceux qui nous écoutent, il brandit un papier d’une compagnie aérienne.
[00:09:08] Phil Keoghan De Delta, je dois tirer mon chapeau à Delta parce que j’ai l’impression qu’ils prennent de vraies initiatives. Ils font vraiment un effort pour leurs voyageurs.
[00:09:14] Elisabeth Goodridge Ils ont une très bonne technologie aussi.
[00:09:15] Phil Keoghan Oui, très bonne. J’ai donc reçu cette note de Casey. Elle dit qu’elle est hôtesse de l’air à Boston. Je voyageais avec ma femme, et elle m’a dit : « Merci, M. et Mme Keoghan, d’avoir volé avec nous. Ayant grandi en regardant The Amazing Race avec mes parents, c’est l’une des choses qui m’ont incité à obtenir le travail que j’ai pour pouvoir voyager dans le monde entier. C’est donc un véritable plaisir de vous avoir tous deux à bord aujourd’hui, à l’occasion de l’un de vos nombreux voyages. J’espère que vous apprécierez votre vol et je vous remercie encore d’avoir choisi Delta. » Et puis elle me donne les petites ailes qui vont avec. Cela signifie beaucoup pour moi lorsque les gens viennent me voir et me disent qu’ils ont été inspirés. Il y a un truc en ligne maintenant, le hashtag #FollowPhiliminator : les gens font le tour du monde en se photographiant dans des endroits où j’ai été pour The Amazing Race. Et je suis fan de ça. Je réalise qu’ils ont eu envie d’y aller parce qu’ils l’ont vu dans l’émission.
[00:10:10] Elisabeth Goodridge Vous dépeignez un beau paysage, contrairement au sensationnalisme des actualités.
[00:10:13] Phil Keoghan Merci. Oui, exactement.
[00:10:14] Elisabeth Goodridge J’ai l’impression que vous êtes également reconnaissant.
[00:10:17] Phil Keoghan Effectivement. Je suis payé pour faire quelque chose que je paierais pour faire. Tout au long de ma carrière, j’ai eu la chance de voyager, et j’estime que c’est un privilège de pouvoir faire ce que je fais pour partager quelque chose de positif.
[00:10:32] Elisabeth Goodridge Vous avez dit une fois dans un podcast que j’ai écouté qu’il n’y a rien de tel qu’une très bonne histoire. Les humains sont programmés pour vouloir entendre une très bonne histoire, une bonne blague, un bon aparté. Ils veulent sentir un lien. Vous êtes très fort pour créer ces histoires, mais comment pouvons-nous les appliquer aux voyages ? Comment un tour-opérateur peut-il raconter ses destinations à ses voyageurs d’une manière vraiment intéressante ?
[00:10:52] Phil Keoghan Je pense qu’il faut aller vers les autres et dire oui aux opportunités. Il s’agit de sortir des sentiers battus et de s’engager sur des chemins inexplorés. Il s’agit de s’écarter un peu de la route et de rechercher des opportunités nouvelles et différentes. Et cela passe par la création de liens avec les populations locales et la compréhension de leur monde. Mais pour cela, il faut établir un contact. Vous devez entrer en contact avec les gens à leur niveau. Je pense que, si vous recherchez une vraie différence lors de vos voyages, et si vous voulez quelque chose d’authentique, vous devez fournir un peu d’effort. Vous devez créer l’opportunité. Par exemple, en faisant un peu de recherche, mais aussi en parlant aux gens, en sortant du complexe touristique, de la bulle. J’essaie donc d’encourager les gens à faire quelque chose d’unique. Récemment, j’ai retracé l’histoire de ma famille. J’ai pu remonter jusqu’aux premiers Keoghan à être arrivés en Nouvelle-Zélande. J’ai donc utilisé cette histoire comme un fil d’Ariane, si vous voulez, pour m’aventurer et découvrir la ferme où ils se trouvaient. C’est là qu’ils se sont installés. Voici les montagnes qu’ils ont traversées. C’est ici que ma famille a vécu. Et il y avait des routes qui portaient le nom de mes proches. J’ai trouvé deux routes Keoghan. En réalité, il y en a même plus, mais j’en ai trouvé deux, et puis des personnes qui ont connu mon grand-père et à qui j’ai parlé. C’était donc un excellent moyen de mieux me connaître, mais je ne savais pas non plus où ce fil allait me mener. C’était excitant parce que c’était comme si j’étais un explorateur, vous voyez ? Contrairement au plan où, le mardi à neuf heures, tout le monde monte dans le bus, et nous irons à tel endroit, puis nous ferons ceci et cela, comme si nous avions un itinéraire strict. Encore une fois, si les gens veulent procéder de cette manière, c’est très bien. Mais si vous cherchez quelque chose de différent, vous devez vous lancer de manière plus indépendante.
[00:12:54] Elisabeth Goodridge Vous avez un jour dit : « Le monde est devenu beaucoup plus petit depuis la création de The Amazing Race. Plus petit et plus connecté. » Selon vous, que peuvent faire les destinations et les hôtels pour s’assurer que les voyageurs s’évadent réellement ?
[00:13:06] Phil Keoghan Je pense qu’il faut faire un effort conscient pour se déconnecter. L’un de mes meilleurs amis, Scott Shelley, est un caméraman avec lequel ma femme et moi travaillons depuis 1992. J’étais justement au téléphone avec lui l’autre jour, et il revenait d’un voyage en moto. C’est d’ailleurs comme ça qu’il a rencontré sa femme. Il aime les Moto Guzzi. Il faisait partie d’un club de motards Moto Guzzi et il a vu cette femme qui avait une belle Moto Guzzi, plus belle que la sienne. Il a donc entamé une conversation avec elle. Bref, pour faire court, ils ont eu deux enfants. Ils ont récemment fait un voyage juste tous les deux, parce qu’ils ont été occupés par leurs enfants pendant un certain nombre d’années. Ils ont donc décidé de ressortir leurs vieilles Moto Guzzi, pour faire comme au bon vieux temps. Et mon ami m’a dit qu’ils avaient été très inspirés par ce voyage. Il m’a dit : « Tu sais, nous avions l’impression qu’il manquait quelque chose, et nous n’arrivions pas à mettre le doigt dessus. Puis nous nous sommes rendu compte qu’à l’époque où nous voyagions, nous n’avions pas de technologie. Nous avions des cartes de l’ancienne école et nous les étalions sur le réservoir de nos motos pour trouver la route. Nous devions...
[00:14:12] Elisabeth Goodridge Il fallait trouver des solutions.
[00:14:15] Phil Keoghan Résoudre des problèmes. S’arrêter aux intersections. Et cela vous oblige à entrer en contact avec les gens parce que vous devez aller à la station-service. « J’essaie de me rendre ici. Et c’est ce qu’indique la carte. » Il m’a donc dit que, pour leur prochain voyage, ils se débarrasseraient des outils technologiques et reviendraient aux anciennes méthodes, c’est-à-dire les cartes.
[00:06:46] Elisabeth Goodridge J’adore.
[00:14:31] Phil Keoghan Je pense donc qu’il faut faire un effort. D’ailleurs, même parmi les plus jeunes, nombreux sont ceux qui adoptent l’idée de ranger leur téléphone et de déconnecter. Avec les voyages, il y a tant de gens qui cherchent seulement à obtenir la photo Instagram parfaite. Ils ne sont pas réellement présents, ils ne s’immergent pas dans la destination, car pour eux, il s’agit avant tout d’obtenir la photo de l’endroit où ils se trouvent.
[00:14:57] Elisabeth Goodridge Plutôt que d’établir un contact avec les autres.
[00:14:58] Phil Keoghan Au lieu d’être dans l’instant présent. J’ai donc l’impression qu’il va y avoir une résurgence, je pense que beaucoup de voyageurs vont vouloir revenir à la vieille école, s’immerger et profiter de l’instant avec la personne avec laquelle ils sont, plutôt que d’être aussi précoccupés par leur téléphone.
[00:15:16] Elisabeth Goodridge Comment les hôtels ou les guides touristiques peuvent-ils aider les gens à se détacher de leur téléphone ?
[00:15:22] Phil Keoghan En filtrant toutes les choses qu’ils ne veulent pas et se concentrant sur celles qu’ils veulent. Pour répondre à votre question, il s’agit d’offrir un choix. Il s’agit de dire : « Voulez-vous vous éloigner de tout cela ? Vous êtes resté trop longtemps collé à votre téléphone, à votre ordinateur, dans votre bureau, et vous avez envie de tout laisser tomber et de vous déconnecter pendant un certain temps ? Ce voyage est fait pour vous. » Il s’agit donc de proposer des options qui permettent aux gens de déconnecter.
[00:15:54] Elisabeth Goodridge La prochaine question est facile. Pour vous, qu’est-ce qui fait la différence entre une bonne expérience de voyage et une expérience de voyage exceptionnelle ?
[00:15:59] Phil Keoghan Quand les choses vont mal, je dirais.
[00:16:01] Elisabeth Goodridge D’accord, donnez-moi un exemple d’échec.
[00:16:04] Phil Keoghan Si vous y réfléchissez, lorsque vous êtes assis autour d’une table et que vous parlez de superbes expériences de voyage, il est très rare que les gens s’assoient et disent : « Eh bien, nous avons fait ce voyage, et tous les jours, il a fait 25 degrés et le soleil était au beau fixe. Et oh, mon Dieu, les repas étaient exquis, et la chambre, tout simplement incroyable. » Et qu’ils ne parlent que de ce qui était super. En général, les histoires qui arrivent sur la table, accompagnées de quelques verres de vin et d’un bon repas, sont les suivantes : « Oh, mon Dieu, vous n’allez pas croire ce qui nous est arrivé ». Nous sommes allés à Sainte-Lucie. Nous savions que c’était la saison des ouragans, mais nous nous sommes dit que nous pourrions y faire un tour juste avant. Les trois premiers jours ont donc été parfaits. Le quatrième jour, c’est comme si le ciel était devenu noir. L’ouragan arrivait. On s’est dit : « Que faire, maintenant, que nous sommes coincés là, et qu’ils annoncent du retard dans les vols. » Nous nous sommes retrouvés dans le bar de l’hôtel, allongés sur le sol, et nous avons rencontré des gens, oh, des gens formidables. En fait, ils sont devenus des amis pour la vie et leur fille, Jill, va se marier à San Diego. » Vous parlez des choses qui ont mal tourné. Alors, comment faire pour que ces moments se produisent ? Je ne veux pas dire qu’il faut que les choses tournent mal, mais comment créer des moments mémorables ? Vous devez oser des choses pour que celles-ci se produisent. J’encourage donc les gens à sortir des sentiers battus et à essayer quelque chose d’un peu différent.
[00:17:36] Elisabeth Goodridge Vous avez dit avoir été touché par le nombre de fans de The Amazing Race que l’émission a incités à voyager dans différents endroits. Avez-vous déjà été inspiré par une émission de télévision ou un film pour faire un voyage ?
[00:17:51] Phil Keoghan L’émission d’Anthony Bourdain me manque beaucoup. J’aime la façon dont il nous ouvrait les yeux pour que nous puissions voir un endroit d’une manière différente. Il avait une façon de voyager et une curiosité qui m’ont beaucoup inspiré. Ou si l’on revient à l’époque de David Attenborough, lorsqu’il parcourait le monde, lui aussi m’a donné envie de voyager et de voir des choses. Le travail qu’elle a accompli a été une source d’inspiration et elle a voyagé dans un but précis. Elle était vraiment non conformiste. J’ai toujours aimé les gens qui pensent un peu différemment. Elle faisait partie de ces personnes qui s’efforcent de faire le bien dans le monde. Cousteau, bien sûr, je me souviens de toutes les vieilles aventures de Cousteau. Je pense que j’aurais aimé naître en tant qu’explorateur. Il y a quelques centaines d’années, je pense que j’aurais été quelqu’un qui aurait voulu explorer le monde.
[00:18:48] Elisabeth Goodridge Je pense que vous faites du bon travail aujourd’hui en explorant le monde.
[00:18:51] Phil Keoghan Oui, j’essaie.
[00:18:53] Elisabeth Goodridge Mais c’est le cas. Je pense que rencontrer des gens intelligents n’a pas de prix. Et d’avoir des conversations avec eux, apprendre d’eux. Avoir une conversation que vous n’avez jamais eue auparavant. Oh, mon Dieu, il n’y a rien de mieux.
[00:19:02] Phil Keoghan Et se retrouver dans des situations vraiment étranges, un peu folles. Je me souviens de The Amazing Race. J’ai obtenu l’autorisation de descendre et de filmer l’endroit où se trouve « L’armée de terre cuite » dans une fosse.
[00:19:14] Elisabeth Goodridge Super cool.
[00:19:15] Phil Keoghan Ils m’ont dit que la dernière personne qu’ils avaient autorisée à aller là-bas était le président Clinton. Je n’en revenais pas. Et j’étais tellement anxieux dans la fosse à cause de tous ces soldats alignés. J’étais nerveux parce que nous avions un Steadicam et qu’il y avait une escorte avec nous. Et j’ai eu une pensée terrible : que se passerait-il si le caméraman heurtait accidentellement l’un des guerriers en terre cuite, et qu’il y a avait un effet domino, et nous que étions tous là, à regarder le drame ? Et je dois dire que j’avais cette petite pensée intrusive qui me disait : « Allez, pousse et vois ce qui se passe. » C’était un de ces moments. Je ne l’ai pas fait, évidemment, parce que cela aurait fait la une des journaux du monde entier.
[00:19:56] Elisabeth Goodridge Bien sûr.
[00:19:57] Phil Keoghan Je n’aurais probablement plus pu présenter The Amazing Race. Je ne l’ai donc pas fait. Mais cela m’a traversé l’esprit, si je suis honnête avec vous.
[00:20:02] Elisabeth Goodridge Très bien. Dernière question. Et celle-ci est facile. Je la pose à tous mes invités.
[00:20:06] Phil Keoghan Oui.
[00:20:07] Elisabeth Goodridge Lorsque vous vous présentez à l’hôtel ou dans une location, quelle est la première chose que vous faites ?
[00:20:13] Phil Keoghan La première chose que je fais est de regarder au dos de la porte pour voir où se trouve le plan d’incendie.
[00:20:19] Elisabeth Goodridge Très, très intelligent.
[00:20:20] Phil Keoghan C’est vraiment la première chose que je fais : j’ouvre la porte, puis je la referme pour regarder le plan. J’ai déjà été dans des hôtels où il y avait eu un tremblement de terre et où l’alarme incendie s’était déclenchée. En général, je demande une chambre au-dessous du septième étage, car les échelles des camions de pompiers ne peuvent monter que jusqu’au septième étage, et je n’aime donc pas être trop haut.
[00:20:39] Elisabeth Goodridge Merci beaucoup de nous avoir accordé cet entretien. Je pourrais rester à parler avec vous si longtemps. Mais voilà pour l’épisode d’aujourd’hui du podcast Powering Travel. Un grand merci à Phil pour avoir partagé ses idées et ses récits de voyages qu’il a entrepris à travers le monde tout au long de sa vie. Ce fut vraiment incroyable. Son point de vue sur la connexion, la curiosité et le fait de sortir de sa zone de confort nous donnent beaucoup à réfléchir. En particulier pour les professionnels du secteur qui souhaitent vraiment créer des expériences de voyage plus conscientes et plus mémorables pour leurs voyageurs. Pour d’autres entretiens comme celui-ci, n’oubliez pas de vous abonner sur Spotify, YouTube, Apple Podcasts, et partout où vous écoutez ou regardez vos podcasts préférés. Merci d’avoir écouté Powering Travel. Je suis votre animatrice, Elisabeth Goodridge. Et j’ai hâte de voir où vos voyages vous mèneront ensuite.
Rencontrez les experts
Elisabeth Goodridge
Elisabeth, qui a travaillé pendant des dizaines d’années comme rédactrice et journaliste, dirige aujourd’hui l’activité « Partner Storytelling » chez Expedia Group en tant que directrice et rédactrice. Ancienne collaboratrice du New York Times, du Boston Globe et d’autres organismes d’information, elle apporte son expertise et a été récompensée pour sa couverture des voyages et ses contenus axés sur le public.
Phil Keoghan
Phil est l’animateur de l’émission « The Amazing Race », récompensée par un Emmy Award. Après avoir frôlé la mort à 19 ans, il a créé sa philosophie « Tick It Before You Kick It » (Vivez ce que vous devez vivre avant de raccrocher les gants), qu’il a transformée en un livre à succès intitulé « No Opportunity Wasted » (Aucune occasion perdue). Phil a visité plus de 100 pays, ce qui fait de lui l’animateur qui a le plus voyagé sur la planète.
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